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Ibiza compte environ 210 kilomètres de littoral et une cinquantaine de plages et criques répertoriées. Le chiffre, seul, ne dit rien. Ce qui définit la côte d’Ibiza, c’est la diversité radicale de ses formes : de longues étendues de sable équipées, des criques rocheuses accessibles uniquement à pied ou en bateau, des plages urbaines longeant des promenades, et des recoins face à de vieux cabanons de pêcheurs que le temps semble avoir oubliés. Comprendre la distribution de ce littoral, c’est déjà choisir intelligemment.
La géographie décide de tout. La côte sud-ouest et sud, relevant en grande partie de la municipalité de San José, concentre la plus forte densité de plages de sable de l’île : plus de 80 kilomètres de côte et 32 plages, dont les plus connues à l’international. Son orientation plein ouest explique aussi qu’elle offre les plus beaux couchers de soleil. La côte est, dans la municipalité de Santa Eulalia, aligne des plages de sable petites et tranquilles, familières, bien exposées le matin. La côte nord, dans la municipalité de San Juan de Labritja, est la plus sauvage et la moins accessible : falaises continues, peu de plages de sable, criques difficiles d’accès qui sont précisément les plus prisées de ceux qui les connaissent. Le nord-ouest est le tronçon le moins dense en plages de toute l’île : une côte écarpée, irrégulière, où les falaises ne laissent place qu’à quelques petites criques d’un grand caractère.
Pour un hôte qui arrive dans une villa de luxe, cette géographie a une implication pratique directe : la plage idéale n’est pas la plus célèbre ni la plus proche, c’est celle qui correspond au type de journée que l’on souhaite passer.
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Cala Jondal, Ses Salines et Cala Conta sont les trois plages les plus reconnues d’Ibiza, chacune avec un profil, un public et une expérience radicalement différents.
Cala Jondal, sur la côte sud de San José, est une plage de galets dotée d’une passerelle d’accès à l’eau. Son caractère, ce sont les restaurants qui l’ont forgé. El Tropicana, l’un des premiers à avoir ouvert dans la crique, avec des décennies d’histoire et une clientèle fidèle de propriétaires de résidences secondaires et de visiteurs qui reviennent d’année en année, est la référence du long déjeuner au bord de l’eau : on mange au restaurant, et les transats sont réservables pour les clients. Casa Jondal représente la proposition la plus récente et la plus sélective de la crique, dont le détail figure dans la rubrique gastronomie d’Ibiza. À l’opposé, le Blue Marlin et le Jemanja, ce dernier longtemps propriété d’une famille d’Ibiza qui l’avait ouvert à l’année et su en préserver l’esprit au moment de rejoindre le groupe Blue Marlin. L’ambiance de Cala Jondal est à la fois raffinée et détendue, avec des yachts ancrés dans la baie et la cadence propre au midi méditerranéen.
Ses Salines, c’est autre chose. Une longue plage de sable fin et blanc, à l’intérieur du Parc Naturel de Ses Salines, avec Formentera à l’horizon et des voiliers mouillés face au rivage. Le sel qui a donné son nom à la plage est encore perceptible dans le paysage : le quai de chargement et les étangs sont visibles depuis la route d’accès. La Nave Salinas, l’ancien entrepôt industriel de sel reconverti en espace d’exposition par le collectionneur Lio Malca, est une présence singulière dans ce cadre. En hiver, la zone se prête aux promenades vers les tours et les petites criques moins fréquentées en bout de plage, à dix ou quinze minutes à pied. En été, Sa Trinxa, mythique pour son ambiance festive et sa musique, lié à la scène ibizienne des années 2000, a fait l’objet l’été dernier d’une saisie de son matériel sonore pour application d’un règlement vieux de vingt ans, un épisode qui a suscité un large débat sur l’île. El Jockey Club, autre institution familiale de longue date, et El Beso, proposition plus récente, complètent l’offre de la plage. Le public de Ses Salines est cosmopolite et international.
Cala Conta, ou Platges de Comte, n’est pas une plage où l’on s’allonge dans le sable. C’est une plage pour arriver tôt, parcourir le sentier côtier rocailleux, nager dans l’eau la plus transparente du sud-ouest de l’île, bien manger dans l’un des restaurants tenus par des propriétaires d’Ibiza, et rester jusqu’au coucher de soleil qui tombe exactement en face. El Cala Escondida, un chiringuito d’esprit libre à l’extrémité de la plage, et le Sunset Ashram, qui a plus que tout autre établi le rituel du coucher de soleil sur ce tronçon de côte, donnent à Cala Conta son caractère propre. Le long du littoral rocailleux qui l’entoure, de beaux sentiers mènent à de vieux cabanons de pêcheurs taillés dans la roche, avec des accès singuliers que très peu de visiteurs découvrent jamais.
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À Ibiza, un chiringuito est une installation saisonnière temporaire sans ouvrage fixe, réglementée par la législation du littoral ; un beach club fonctionne avec une licence de restauration et une structure permanente. La différence n’est pas seulement une question de taille ou de prix : c’est une distinction légale et structurelle qui détermine ce que l’on peut attendre de chacun.
Un beach club propose une offre gastronomique complète, un service à table, et gère généralement ses propres transats et lits balinéais dans le cadre d’une expérience intégrée. Dans les beach clubs des plages les plus fréquentées, les meilleures places se réservent des jours ou des semaines à l’avance en juillet et août. Pour les hôtes en villa, le concierge connaît ces établissements et peut gérer la réservation avec le discernement et la relation nécessaires. Le détail de ce service figure dans la rubrique Housepitality et concierge à Ibiza.
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Les plus beaux couchers de soleil d’Ibiza se concentrent sur la côte ouest, tournée vers la Méditerranée ouverte : Cala Conta, Punta Galera, Cala d’Hort et Cala Benirrás sont les quatre points de référence, chacun avec sa lumière et son atmosphère propres. C’est le Café del Mar de San Antonio, ouvert depuis 1980, qui a mis le rituel du coucher de soleil ibizien sur la carte du monde : depuis les années quatre-vingt-dix, ses sessions de musique chill-out face à la mer ont transformé ce moment de la journée en une expérience à part entière, exportée et imitée partout sur la planète.
Cala Conta reste la référence absolue. Les îlots à l’horizon, la lumière sur l’eau, le profil légèrement sauvage de la côte : difficile de trouver pareille combinaison ailleurs en Méditerranée. Le soleil se couche exactement en face, ce qui rend la scène presque irréelle les soirs d’été.
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Punta Galera, près de Cala Salada, est l’endroit où les résidents vont chercher un coucher de soleil sans foule. Il s’agit d’une formation rocheuse singulière qui crée des plateformes naturelles horizontales, comme des terrasses taillées par la mer, où l’on peut s’allonger au niveau de l’eau avec une intimité que Cala Conta ne peut offrir en juillet et août. L’accès est un peu plus exigeant, ce qui joue naturellement le rôle de filtre.
La municipalité de San José concentre plus de trente plages et criques sur ses 80 kilomètres de côte, avec des profils très différents : de Cala Vadella, familiale et recueillie comme un petit village méditerranéen, à Cala Molí, où l’entrée dans l’eau sur les rochers décourage les moins déterminés et préserve une tranquillité remarquable même en août.
Cala d’Hort se définit par ce qui se dresse directement devant elle : l’îlot d’Es Vedrá et, à ses côtés, Es Vedranell. La plage fait face à ces deux formations rocheuses de plein fouet, avec une eau suffisamment transparente pour que la vue depuis le rivage soit l’une des plus saisissantes de toute la côte sud-ouest. Pour en savoir plus sur Es Vedrá, voir la rubrique dédiée dans cette encyclopédie.
Cala Vadella surprend : on se croirait dans un petit port de pêche méditerranéen plutôt qu’à Ibiza. Les restaurants sont littéralement au bord de l’eau, leurs terrasses donnant sur la baie fermée qui la protège. La mer est calme et peu profonde, ce qui en fait l’une des options les plus confortables pour les familles. C’est un endroit que les propriétaires de résidences secondaires et les voyageurs qui l’ont découvert se font une raison de retrouver chaque année.
Cala Carbó est retirée et discrète, avec deux restaurants de cuisine locale où l’on mange paella ou poisson frais sans esbroufe. Sa clientèle, ce sont des résidents habituels et des hôtes de villas de luxe de la zone qui cherchent exactement cela : tranquillité et cuisine honnête au bord de la mer.
Cala Molí a une histoire singulière. Pendant des années, elle n’eut ni transats ni services, par décision de l’administration qui souhaitait préserver son caractère vierge. Elle eut toujours un restaurant, comme celui de Cala Carbó, avec terrasse et piscine, mais le lieu changea de mains à plusieurs reprises sans jamais tout à fait trouver son ton. Depuis trois ans environ, il s’est imposé comme El Silencio, un nom qui dit tout. L’équipe a compris l’esprit de la crique : discrétion, respect du cadre, sans éclat. L’entrée dans l’eau sur les rochers n’est pas confortable, ce qui filtre naturellement la fréquentation et maintient la crique très peu bondée en été. Elle est belle : la falaise à gauche projette sur l’eau des reflets qui lui donnent des tons de bleu et de vert très particuliers, changeants selon l’heure.
Cala Tarida a un bleu exceptionnel et un sable qui donne envie de rester. Elle dispose d’un service de plage et d’une offre de restaurants suffisante pour une journée entière. Idéale avec des enfants, elle offre en fin d’après-midi une lumière sur l’eau de toute beauté.
Cala Gracioneta est minuscule, presque entièrement occupée par le restaurant qui porte son nom, abritée par des pins qui descendent jusqu’au bord de l’eau. On ne vient pas ici pour étendre sa serviette, mais pour explorer les recoins de sa côte rocheuse, se pencher sur les failles, observer ce qui bouge dans les fonds. Avec Cala Salada, elle forme un ensemble d’une beauté exceptionnelle qui mérite une visite.
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Certaines criques d’Ibiza ne sont pas signalées, ne font pas l’objet de publicité, et exigent davantage que de se garer et aller s’allonger à la plage. C’est précisément cette difficulté qui les protège. Portixol et Cala Llentrisca sont deux noms que l’on peut mentionner sans trahir l’esprit de discrétion que mérite cette partie de l’île.
Atlántis, connue localement sous le nom de Sa Pedrera de Cala d’Hort, est un cas à part qui mérite une description propre. Ce n’est pas une plage conventionnelle : c’est une ancienne carrière de marés du XVIe siècle, dont les blocs ont servi à bâtir les murailles Renaissance de Dalt Vila. La main du carrier a laissé dans la roche des tailles géométriques que la mer a, au fil des siècles, transformées en piscines naturelles d’eau transparente, en plateformes à fleur de vague, en marches descendant jusqu’à la Méditerranée. Dans les années soixante, les hippies qui s’établirent dans la zone la rebaptisèrent Atlàntis, attirés par l’énergie singulière de ce paysage d’un autre monde, et y laissèrent sculptures, autels et symboles taillés dans la pierre tendre, que les générations suivantes n’ont cessé d’enrichir. Elle se trouve dans la Réserve Naturelle de Cala d’Hort. La descente prend une trentaine de minutes sur terrain de sable et de roche irrégulier, sans ombre. Remonter dans ce sable mou rappelle, toutes proportions gardées, l’ascension de la dune du Pilat. Bonnes chaussures, eau en quantité et téléphone bien chargé sont indispensables, car le réseau y est capricieux et l’orientation pas toujours évidente.
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Les villages historiques d’Ibiza ne sont pas côtiers, ce qui signifie qu’il n’existe pas de port de pêche au sens habituel du terme. Les pêcheurs ont toujours travaillé depuis de multiples points du littoral, où ils ont bâti les cabanons qui définissent encore aujourd’hui quelques-uns des recoins les plus authentiques de l’île.
Sa Caleta en possède l’un des ensembles les mieux conservés, où les familles d’Ibiza passent leurs dimanches dans des cabanons hérités de pères et grands-pères pêcheurs. Cala Mastella, dans le nord, possède ce même esprit : une toute petite crique avec des cabanons au bord de l’eau et le restaurant El Bigotes, fondé il y a plus de quarante ans par Juan Ferrer, qui préparait du bullit de peix pour ses amis avec le poisson de son propre llaüt avant d’ouvrir la maison au monde entier. Juan Ferrer est décédé en juillet 2025 à l’âge de 94 ans ; sa famille perpétue son héritage avec la même main et le même esprit. La réservation est obligatoire, plusieurs semaines à l’avance en haute saison. Pou des Lleó, près de San Carlos, a ce même caractère : un ancien port de pêche avec des cabanons de pêcheurs de chaque côté, des eaux calmes et plusieurs restaurants de cuisine traditionnelle d’Ibiza.
Pour quiconque souhaite explorer cette dimension de l’île en profondeur, il existe une référence incontournable : Secret Beaches Ibiza, de l’écrivain britannique Rob Smith, publié en 2012. Smith a parcouru tout le littoral centimètre par centimètre à la recherche de criques et de recoins que la plupart des visiteurs n’atteignent jamais. Le résultat est un guide illustré, avec photographies et cartes détaillées, que Condé Nast Traveler España décrivit comme capable de capturer la vraie essence de l’île.
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Le fond marin d’Ibiza possède une particularité qui le distingue du reste de la Méditerranée occidentale : les herbiers de posidonie. Cette plante marine, dont l’histoire scientifique et patrimoniale est développée dans la rubrique Culture et Histoire, a une conséquence directe et visible pour le baigneur : elle filtre l’eau avec une efficacité qu’aucun traitement artificiel ne pourrait égaler, fixant les particules en suspension et maintenant une transparence exceptionnelle.
Pour un visiteur qui en voit pour la première fois, la posidonie peut créer la confusion. Les feuilles mortes qui s’accumulent sur le rivage, appelées boules de posidonie ou egagrópilas, sont des résidus naturels de la plante, non des déchets ni le signe d’une plage mal entretenue. C’est exactement l’inverse : elles indiquent que l’herbier est en bonne santé. Il ne faut ni piétiner ni arracher la posidonie vivante, visible sur le fond comme une forêt verte dense. C’est un écosystème fragile dont dépend directement la qualité de l’eau.
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Les meilleures criques pour le snorkeling combinent un fond rocheux et des herbiers de posidonie : Cala Tarida, Cala Gracioneta, Cala Saladeta, Cala Xarraca dans le nord, Cala Xuclar. Le conseil le plus pratique : toujours emporter masque et tuba, car même une crique qui ne paraît pas prometteuse en surface peut cacher des fonds d’une grande richesse. Arriver en bateau à certaines de ces criques ouvre aussi la possibilité de mouiller et d’explorer depuis l’eau.
Ibiza propose kayak, paddle, windsurf, kitesurf et location d’embarcations de loisir sans permis sur plusieurs de ses plages, avec la plus forte concentration de services dans les zones de San Antonio, Santa Eulalia et Playa d’en Bossa.
Le surf est un chapitre inattendu pour une île réputée pour ses eaux calmes. Les meilleurs spots sont Cala Nova, dans le nord-est près d’Es Canar, et Aguas Blancas, toutes deux exposées aux vents d’est qui génèrent les vagues les plus surfables de l’île. La saison est l’automne et l’hiver : en été, la Méditerranée ibizienne produit rarement les conditions nécessaires. Pour débuter, le Surf Lounge Ibiza dans la baie de San Antonio propose cours et matériel.
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Les plages où le naturisme se pratique le plus naturellement sont Es Cavallet et Aguas Blancas, avec des profils très différents l’une de l’autre. Es Cavallet, à l’intérieur du Parc Naturel de Ses Salines, a une atmosphère cosmopolite et une forte fréquentation en été. L’extrémité sud de la plage est le tronçon le plus connu pour le naturisme et concentre depuis des décennies un public LGBTQ. Aguas Blancas, sur la côte nord-est, est beaucoup plus sauvage et libre, sans infrastructure ni services.
À Ses Salines, les petites criques à l’extrémité sud de la plage offrent également un cadre plus retiré. Au-delà de ces lieux spécifiques, Ibiza a une tolérance profondément ancrée envers le naturisme dans les endroits isolés : il est courant de croiser des personnes se baignant nues sur des rochers à l’écart ou dans des criques reculées tout le long du littoral, ce qui fait simplement partie du caractère libre de l’île.
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Peu de capitales méditerranéennes peuvent se vanter d’avoir une plage tranquille, aux eaux cristallines et dotée d’une promenade à dix minutes à pied du centre historique. Figueretas est cette plage : familiale, sans prétention, avec une clarté de l’eau qui surprend quiconque s’attendait à une plage urbaine grise. Les herbiers de posidonie à quelques mètres du rivage expliquent cette transparence.
De son embarcadère partent de petits bateaux vers le port d’Ibiza, la plage d’en Bossa et des excursions vers Formentera. En hiver, une famille de dauphins fréquente régulièrement cette baie. Talamanca, de l’autre côté de la ville, près de Marina Botafoch, a une atmosphère légèrement plus sophistiquée, avec de bons restaurants de plage. De la pointe de Sa Punta, au bout de la baie, s’ouvre l’une des vues les plus dégagées sur Dalt Vila depuis la mer.
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La distinction Pavillon Bleu évalue la qualité de l’eau, les services et les équipements, dont l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Les plages certifiées disposent de maîtres-nageurs, de fauteuils amphibies et d’accès adaptés. La liste est mise à jour chaque année et consultable sur le site officiel de la Fondation pour l’Éducation Environnementale. Pour les visiteurs ayant des besoins en matière d’accessibilité, c’est le critère le plus fiable pour choisir une plage.
La côte nord d’Ibiza, correspondant à la municipalité de San Juan de Labritja, est la plus sauvage et la moins exploitée de l’île : falaises continues, criques difficiles d’accès et une dizaine de plages avec un caractère propre qui récompensent l’effort d’y parvenir.
Aguas Blancas est une plage de sable fin ceinte de falaises d’argile rouge, sauvage, avec des eaux d’un bleu intense : il vaut mieux arriver tôt le matin. Cala Mastella possède cet esprit local irremplaçable décrit plus haut. Cala Xarraca, plus large, offre un fond rocheux excellent pour le snorkeling et un chiringuito sur la plage. Portixol, à laquelle on accède à pied le long de la côte, est une des préférées de ceux qui veulent disparaître une journée entière. Cala Xuclar est petite et recueillie, parfaite pour passer des heures le masque dans l’eau. Portinatx, à l’extrême nord, a trois petites plages familiales et des vues sur le phare Moscarter, le plus haut des Baléares avec ses 52 mètres.
Es Figueral et Cala San Vicente ont un autre caractère : plus étendues, avec de grands hôtels aux alentours, un service de plage complet et une infrastructure touristique établie. Ce sont des plages du nord avec tout le confort, pour qui veut combiner l’authenticité du cadre avec des services garantis.
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La côte est, dans la municipalité de Santa Eulalia, a une texture différente du sud et du nord. Pas de criques rocheuses bordées de pins comme au sud-ouest, ni le drame des falaises du nord : ce sont des plages de sable généreuses et accessibles, orientées vers le soleil du matin, avec des pins qui projettent une ombre naturelle sur le rivage et une atmosphère mêlant familles locales et voyageurs qui reviennent chaque année au même endroit.
Cala Llenya en est un bon exemple : deux cents mètres de sable fin auxquels on accède par une pineraie qui offre déjà de l’ombre avant d’atteindre la plage. Cala Nova, près d’Es Canar, est plus étendue et plus exposée : une plage ouverte sur la mer où les vents d’est créent certains jours du ressac, ce qu’il convient de garder à l’esprit avec de jeunes enfants. Ce qui la définit comme destination gastronomique, c’est la concentration de restaurants avec une identité marquée directement sur la plage : Aiyanna, Atzaró Beach et Es Fumeral sont trois propositions très différentes, du boho décontracté à la cuisine contemporaine de braise, toutes avec vue directe sur la mer.
Cala de Boix est la seule plage de sable sombre d’Ibiza, ce qui la rend immédiatement reconnaissable. Protégée par les falaises, elle a une atmosphère tranquille et naturelle, avec des restaurants perchés sur la falaise et des vues spectaculaires. Pou des Lleó, près de San Carlos, est pratiquement inconnue du tourisme de masse : un ancien port de pêche avec des cabanons de part et d’autre, des eaux calmes et plusieurs restaurants où la tradition du bullit de peix est bien vivante.
Le tronçon qui relie Santa Eulalia à Cala Martina, en passant par Es Niu Blau et plusieurs criques enchaînées accessibles à pied, est l’un des plus agréables de l’île pour une journée de plage sans programme. Les plages sont confortables, ombragées par les pins, avec des eaux tranquilles. Leur développement spécifique pour les familles avec enfants figure dans la rubrique dédiée.
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Plusieurs criques d’Ibiza n’ont de sens qu’en arrivant par la mer : Cala Pluma, sur le chemin de Formentera près de Ses Salines, est pratiquement inaccessible par la terre, et la traversée en bateau le long de la côte ouest jusqu’à Es Vedrá révèle une dimension de l’île qu’aucune route ne peut donner. Cette expérience est détaillée dans la rubrique bateaux et yachts à Ibiza.
En août, rejoindre en voiture les plages les plus fréquentées, Cala Conta, Cala Salada ou Ses Salines, peut signifier trouver l’accès coupé et se garer loin : les autorités régulent la circulation en haute saison lorsque les parkings sont pleins. Ses Salines dispose de son propre parking payant, obligatoire du fait de son statut de parc naturel. Cala Jondal a un bon parking pour les clients des restaurants. Cala Conta, Cala Salada et Cala Benirrás ont l’accès réglementé en haute saison.
Pour l’hôte logé dans une villa privée, la stratégie la plus avisée en août ne passe pas nécessairement par la plage aux heures les plus chaudes. La piscine de la villa couvre le bain de milieu de journée avec un confort qu’aucune plage publique ne peut égaler. Les plages fonctionnent mieux en tout début de matinée ou à partir de dix-huit heures, quand la lumière est la plus belle, la chaleur retombe et la fréquentation diminue. Pour les criques les plus prisées, le transfert privé ou le bateau écartent entièrement le problème de stationnement et font du trajet une partie de la journée. Les transports en commun ont étendu leurs lignes cette année, une option utile pour les profils plus jeunes ou les personnes logées dans des hôtels proches des lignes.
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Avec près de 2 700 mètres, Playa d’en Bossa est la plus longue plage d’Ibiza. C’est aussi la plus transformée. Au fil des décennies, le Grupo Empresas Matutes, la famille locale à la tête du Palladium Hotel Group, a construit sur ce tronçon de côte un écosystème de loisirs complet sans équivalent sur l’île.
Les hôtels Ushuaïa et The Unexpected, la discothèque Hï Ibiza et l’Ushuaïa en tant que scène de nuit à ciel ouvert, et le complexe gastronomique qui réunit des signatures comme Hell’s Kitchen by Gordon Ramsay, StreetXO by Dabiz Muñoz, Leña by Dani García, COYA, Sublimotion de Paco Roncero et Tatel composent une enclave qui fonctionne comme une destination dans la destination. En 2025 s’est ajouté Ibiza Gallery, un espace commercial de 4 800 m² avec vingt boutiques de luxe parmi lesquelles Jil Sander, Roberto Cavalli, Missoni et The Attico, ainsi que la Cardi Gallery d’art contemporain. Le Hard Rock Hotel, franchise que le groupe a abandonnée, a rouvert à l’été 2026 sous le nom de BLESS Ibiza The Site, nouveau concept cinq étoiles de la marque propre du groupe, complétant le complexe The Site Ibiza aux côtés de The Unexpected. C’est ce caractère de ville dans la ville, avec hôtels, boîtes de nuit, restaurants de signature et commerce de luxe sur un seul front de mer, qui donne à Playa d’en Bossa son côté Miami, introuvable ailleurs sur l’île.
Mais Playa d’en Bossa a un autre visage que très peu de visiteurs découvrent. En marchant vers le sud, passé le secteur hôtelier, la plage s’élargit et l’atmosphère change complètement : l’eau est magnifique, les herbiers de posidonie au large filtrent la visibilité jusqu’à la rendre extraordinaire, et au fond on atteint la tour de Sa Sal Rossa, l’un des postes de surveillance côtière de l’île. Derrière cette tour, caché, se trouve un petit ensemble de cabanons de pêcheurs que les Ibiziens connaissent et que presque aucun touriste ne trouve. Cette dualité, l’écosystème de luxe au nord et le silence avec la posidonie au sud, est ce qui fait de Playa d’en Bossa une plage qui mérite d’être parcourue d’un bout à l’autre.
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Formentera est à trente minutes en fast ferry depuis le port d’Ibiza, ou accessible à bord d’une embarcation privée pour ceux qui préfèrent arriver à leur rythme. Ses plages d’Illetes et Llevant, à l’intérieur du Parc Naturel commun de Ses Salines, offrent une eau turquoise à moins de deux heures de vol de n’importe quelle capitale européenne. L’excursion vaut incontestablement le détour. Les détails sur la façon de l’organiser, quel bateau prendre et quoi visiter figurent dans la rubrique bateaux et yachts à Ibiza.
Pour les jeunes enfants, le choix de la plage obéit à d’autres critères : une entrée dans l’eau douce, sans courant, avec un fond de sable et une profondeur progressivement croissante. Ce sujet est développé en détail dans la rubrique dédiée à Ibiza en famille, avec des recommandations spécifiques par zone et par âge.
Ibiza par Neverland · l’essentiel